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Photographier les éclairs, mode d’emploi

Comme promis dans l’article de ma photo d’éclair du thème clair obscur, voici un petit tutoriel pour apprendre à photographier les éclairs pendant un orage. Parlons d’abord des conditions de photographie : les éclairs seront mieux retranscris si l’orage se passe pendant la nuit (j’ai testé l’orage de jour, c’est pas la joie…).

Quel matériel pour photographier des éclairs ?

Trépied pour la stabilisation de l’appareil photo

Il faut l’avouer, photographier des éclairs sera plus simple si vous possédez un peu de matériel. Le plus important est un trépied pour pouvoir stabiliser votre appareil photo. Pour ma part, j’ai la chance d’être sponsorisée par la marque de trépied Redged qui remplit magnifiquement sa tâche de stabilisation dans des conditions extrêmes (j’ai testé le vent, la pluie, la neige et le gel…). Vu le poids de mon appareil photo, je ne peux pas le laisser entre les mains d’un trépied inadapté, ça serait dommage de casser son appareil photo à cause du trépied…

Matériel facultatif : télécommande

On rejoint là véritablement le matériel que j’utilise pour la photographie de paysage. Une télécommande vous permet, sans toucher l’appareil photo, de déclencher la prise de vue. L’intérêt de ne pas toucher l’appareil photo au moment du déclenchement réside dans le fait que vous n’allez pas faire bouger l’appareil photo sur le trépied. Ne pas faire bouger l’appareil photo vous assure une image nette (si la mise au point est bien réglée bien évidemment ;)). Vous pouvez facilement trouver différents types de télécommandes plus ou moins sophistiquées, tout est question de votre utilisation de cette télécommande.

Rassurez-vous, si vous n’avez pas de télécommande, rien n’est perdu (d’où le titre de matériel facultatif ;)) ! Utilisez simplement le retardateur de votre appareil photo pour diminuer le tremblement qu’engendre le déclenchement « à la main ». Vous pouvez le plus souvent utiliser un retardement de 2 ou 10 secondes.

Réglages pour la photographie d’éclairs

Ce qui est compliqué dans la photographie d’éclairs, c’est de prévoir où et quand vont apparaître les éclairs. Mais surtout, un éclair est furtif, il va donc être très difficile, voire impossible, d’attendre de voir un éclair pour déclencher l’appareil photo. En tout cas, je suis trop lente pour réagir assez rapidement 😛 ! Il faut donc utiliser un subterfuge !

On va donc profiter du trépied pour laisser le diaphragme de l’objectif photo ouvert longtemps pour « attendre » l’éclair. En clair, on va faire des poses longues et la luminosité intense de l’éclair suffira à nous donner une belle photo d’éclair dans le noir de la nuit. Voilà pourquoi le trépied est un outil indispensable pour la photographie d’éclairs.

Photographier en mode manuel

Pour la photographie de nuit en général, le mode manuel est selon moi indispensable. Le ciel est noir mais votre appareil photo va essayer, en mode automatique, de le rendre plus clair. Cela peut entraîner une mauvaise évaluation des réglages nécessaires car l’appareil photo ne sait pas qu’un éclair va soudain illuminer la photo (il n’est pas devin…) ! Le mieux est donc dans ce cas-là de se mettre en mode manuel et de préparer ses réglages du triangle d’exposition un à un.

Quel temps d’exposition utiliser ?

Pour faire ce choix, tout va dépendre de la fréquence des éclairs. Si vous voyez beaucoup d’éclairs, un temps d’exposition relativement court devrait suffire. Dans mon cas de l’orage en montagne, les éclairs étaient très espacés, je suis donc partie sur un temps d’exposition de 30 s (le plus long disponible en mode manuel sur mon appareil photo). Le plus souvent, un temps d’exposition entre 5 et 10 secondes suffira mais il vous faut adapter cela en fonction de votre orage.

Quelle ouverture utiliser ?

Vu qu’on ne sait pas trop où va tomber l’éclair, mieux vaut faire comme en photographie de paysage, à savoir une petite ouverture qui nous donnera une grande zone de netteté dans notre photo. Comme ça, quelque soit l’endroit où l’éclair choisit de frapper, il sera net. Choisissez donc une ouverture entre f/8 et f/16.

Quel ISO choisir ?

Je règle l’ISO en dernier pour l’adapter selon les conditions de lumière. L’exposition générale sans éclair doit restée sombre, on est donc en sous-exposition. Je fais donc quelques essais pour vérifier que le ciel reste noir sans éclair. On peut facilement arriver vers ISO 200 ou 400. Gardez en tête qu’un ISO bas permet d’éviter du bruit sur la photo.

Avec ce matériel et ces réglages, vous devriez être capable de chasser tous les éclairs des orages d’été ! N’oubliez pas de garder à l’esprit votre sécurité personnelle et restez prudent quand vous sortez photographier des éclairs ;). Si vous avez la chance de restez bien au chaud, profitez-en :D. Ensuite, tout est histoire de patience, ne découragez pas si vos premières photos ne sont pas satisfaisantes !

A propos de Cathy

Sur Vivre la Photographie, j'aide les photographes amateurs à apprendre la photo en améliorant leur technique photo et leur retouche photo avec Lightroom et Photoshop. Je suis photographe nouveau-né en Suisse romande.

13 commentaires

  1. Une question me turlupine depuis longtemps (comme je n’est pas l’objectif requis, je ne peux même pas essayer par moi-même) : que donnerait des photos d’éclairs avec un Fisheye ?
    As-tu déjà vu des clichés de ce genre ?

    • Oui ça existe (le fisheye est de plus en plus à la mode ces derniers temps :D). La seule différence serait un très grand champ de vision et sûrement un éclair qui paraît déformé du fait du fisheye. Mais tout est possible car l’objectif ne change en rien la capture de l’éclair !
      Sur cette photo, je pense qu’il a eu beaucoup de chance (ou pris pas mal de risques) pour être assez proche de l’éclair.

  2. Super ce tutoriel.

    Si je comprends bien, tu as pas mal de photos qui sont toutes noires et à certains moment, la chance d’avoir des éclairs dessus ??
    Tu es manifestement venue poser ton trépied dans mon canton pour la photo dans les vignes, c’était dans le Lavaux, non ?

    J’aime tes photos d’éclairs qui sont très différentes les unes des autres, il est surprenant de voir les trombes d’eau sur la deuxième.

    Bon, j’ai un appareil, la possibilité de rester sur mon balcon et donc que l’appareil soit posé sur la table… pour l’orage, on va attendre que ça se pointe et bombarder à ce moment-là… Mais j’essaierai bien les réglages déjà maintenant… pour m’assurer que c’est bien noir !
    Par contre, je me demande si les éclairages du village en contrebas vont gêner sur les photos… A voir !

    • Vu qu’on ne peut pas prévoir l’apparition des éclairs, ça te donne en effet des photos noires s’il n’y a pas d’éclairs ou des photos bien éclairées si tu arrives à avoir un éclair ;). C’est vraiment au petit bonheur la chance.
      Pour la pollution lumineuse sur les photos d’éclairs, ça ne pose pas de souci si tu n’inclue pas ces lumières dans le cadre. Là où ça sera plus compliqué, c’est si ton cadrage inclue le village et ses éclairages.

      La photo est faite dans le Lavaux, j’habite aussi dans le canton de Vaud ;).

  3. Superbe la photo… 🙂
    Merci Cathy

  4. En plus, en utilisant un trépied sans le bouger, si la session photo comprend plusieurs clichés avec chacun un éclair, il est toujours possible de les combiner en une seule vue pour plus d’impact visuel :
    http://sfphotos.fr/2011-09-20-orage-o-desespoir
    (tu peux faire sauter le lien si tu estimes qu’il n’a pas sa place 😉 )
    Par contre, ne jamais oublier sa propre sécurité ainsi que celle de son matériel !!!
    En particulier le vent, qui fait que la pluie devient horizontale et a tendance à « attaquer » le boitier (le rain cover est indispensable pour éviter de tuer son boitier… Expérience vécue, j’ai déjà tué un D300 comme cela !)
    Petite remarque par ailleurs, en « thumb rule », on peut dire :
    – le temps d’exposition va « régler » la luminosité de l’arrière plan
    – l’ouverture va « régler » la quantité de lumière de l’éclair (plus c’est ouvert, plus on verra les ramifications, mais plus on tend à brûler les hautes lumières, c’est encore une histoire de compromis 🙂 )

    Enfin, même si ce n’est pas très précis/fiable, il y a plusieurs ressources dédiées pour la prévision des orages ; certains payants d’autres non, comme :
    http://www.keraunos.org/prevision-orage-tornade-france-convective-outlook.htm
    Ou encore d’autres qui permettent de suivre les impacts en temps réel (ou en léger décalage temporel en version gratuite) : http://www.lameteo.org/impacts6.html

    • Tu as raison de parler des risques pour le matériel. C’est pour ça que si on a la chance de voir les éclairs sans sortir de chez soi, c’est un plus ! J’ai eu beaucoup de vent pour mon orage et j’étais assez stressée (pas envie de voir le trépied tomber) mais il est vraiment vraiment stable, j’ai été agréablement surprise et ça me conforte dans le fait que mon sponsor a vraiment des trépieds de qualité. D’ailleurs pour augmenter la stabilité du trépied, il existe parfois (et c’est le cas sur le mien) un crochet sous la colonne centrale pour accrocher un poids et donc abaisser le centre de gravité. Ca aide pas mal aussi.
      Merci d’avoir partagé ton expérience toujours aussi intéressante :).

  5. Sur paris j’ai pas trop d’orage donc pas tester encore, mais je note dans un coin et s’y un jour j’ai l’occasion j’éssaierai de photographier des éclairs, c’est pas gagnée j’ai une peur bleu des orages^^

  6. Merci pour ces conseils. Je n’ai pour l’instant aucun matériel, juste un APN de base, et je suis contente d’avoir réussi 2 fois à saisir un éclair. Une fois, ce fut un coup de chance, je déclenche au hasard m’étant mise en mode « coucher de soleil » et paf, j’ai mon éclair du 1er coup. La 2ème fois, et toujours d’une fenêtre, j’ai « mitraillé » plusieurs fois et j’en ai eu un. Comme je ne bois que de l’eau, mes mains ne tremblent pas 🙂
    je m’en sors ainsi. Du bricolage certes mais j’ai réussi.

    • Chapeau bas ! Comme tu le montres bien, il est possible de photographier des éclairs sans trépieds mais il faut y croire et tu as bien réussi ! J’avoue que la méthode facile avec l’utilisation du trépied me permet de ne pas avoir à mitrailler ou tenter d’avoir l’éclair pile au bon moment. Par contre, je sais qu’il m’aurait été impossible de photographier un éclair avec un appareil photo bridge qui avait bien 2 secondes de temps de réaction 😀 !

  7. Merci pour ces conseils car c’est quelque chose que je n’ai jamais eu l’occasion de faire (mais j’avais la question en tête au cas où une telle situation arriverait).

  8. toujours accro à vos explications ! Je donne souvent votre adresse aux personnes qui désirent que je leur donne des cours !
    mon fils aime prendre des photos d’orages. En voici une prise l’année dernière en Bourgogne : http://leslaf6.canalblog.com/archives/2011/08/index.html

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