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La photographie de rue, c’est pas pour moi !

Un titre bizarre, je vous l’accorde. En fait, j’ai beaucoup hésité à écrire cet article, mais j’ai surtout eu du mal à lui trouver un titre. Un titre qui ne soit pas mal tourné car j’avais d’abord pensé à « Pourquoi je n’aime pas la photographie de rue » mais on aurait pu croire que je n’aime pas regarder des photos de rue. Or, j’adore regarder des photos de rue, les grands maîtres de la photographie vous saisissent avec ce type de photographie ! Ce n’est donc pas du tout le message de mon article, un article très personnel car cette année, comme je vous en ai déjà parlé dans mes objectifs photo de l’année 2013, j’ai envie d’évoluer et de trouver mon style. Ce qui nécessite un gros travail sur soi, sa personnalité et ses envies pour se trouver photographiquement. Ca fait un peu philosophe sur les bords mais étant donné que vivre la photo est le titre de mon blog, je ne peux vraiment pas mettre la photographie de côté dans ma philosophie de vie ;).

Bref, revenons-en à la photographie de rue. Ou plutôt à la photographie de portrait versus la photographie de rue et mon incapacité à pratiquer la photographie de rue. Je vais essayer de vous expliquer ma vision des choses, qui est ici tout à fait personnelle et qui pourra résonner ou non chez vous selon votre vision de la photo. Comme je vous le disais dans mon article sur la photographie de football américain, je vois que j’évolue, que mon oeil évolue, même dans ce domaine de la photographie qu’on pourrait trouver assez restreint au niveau de l’émotion (à tort pour les bons photographes). En fait, le sportif en tant qu’humain était au départ un sujet très anonyme dans mes photos. L’action était au centre de l’appareil photo. Mais depuis quelques temps, j’ai envie de capter plus et mieux les émotions des joueurs, que ce soit dans la joie de la victoire, le stress des dernières minutes du match ou le dépit de la défaite. Les sportifs deviennent humains, de vraies entités vivantes (oui oui !) dont on a envie de découvrir la vie hors du terrain de football.

photo-couple

Et cette évolution se ressent dans mon style de photographie général. Une envie de montrer les gens sur les photos en montrant leurs émotions et en faisant ressortir leur caractère, raconter une histoire sur eux à travers les photos. Si vous suivez la page Facebook de ma photographie ou le blog de mon portfolio, vous avez dû apercevoir une séance photo couple. J’aurai également la chance de raconter la journée de leur mariage à travers mon objectif photo (certains d’entre vous s’en étaient douté depuis déjà bien longtemps sans que je ne dise rien ;)) ! Je vous reparlerai de tout ça dans un article dédié à la photographie de couple et de mariage mais cette expérience confirme mon ressenti sur mon envie photographique du moment. Découvrir un couple, apprendre à connaître les 2 futurs mariés, leurs vies, leurs façons de faire, d’interagir entre eux et avec les autres, le caractère de chacun, c’est un privilège et des aspects du couple que j’ai envie de mettre en images plus souvent.

Mais alors quel lien avec la photographie de rue ?

« Ben oui Cathy, tu nous racontes ta vie mais je vois pas le lien avec la photographie de rue ! » Et bien si, moi je le vois très bien :P. La photographie de rue, c’est un instant « volé » avec des gens qu’on ne connait pas, qu’on aperçoit pour la première fois et qu’on ne reverra sûrement jamais. Ce que je n’ai pas envie de faire, c’est avoir quelqu’un de mécontent parce que j’ai pris sa photo, sans lui demander. Et c’est quelque chose qu’on voit finalement assez souvent : prenez la photo et faites comme si de rien n’était. Si je prends quelqu’un en photo, j’ai d’abord envie d’en savoir plus sur cette personne, pour la comprendre et savoir quoi mettre en avant au moment de la prise de vue ! Au final, en photographie de rue, on n’a aucune interaction réelle avec le sujet, c’est un moment furtif et éphémère, aucun lien ne peut se créer avec le sujet. La personne reste alors pour moi un simple sujet d’une photo et perd toute son humanité.

Au final, et pour faire simple, ma devise semble petit à petit devenir  : « Soyez humain avant de prendre une photo » ! Le plus important en photographie est d’être à l’aise, d’aimer ce qu’on fait. Il est donc important de trouver le style de photographie qu’on peut pratiquer. Et on a le droit d’être touche-à-tout, rassurez-vous ;). Et vous, que pensez-vous de la photographie de rue ?

A propos de Cathy

Sur Vivre la Photographie, j'aide les photographes amateurs à apprendre la photo en améliorant leur technique photo et leur retouche photo avec Lightroom et Photoshop. Je suis photographe nouveau-né en Suisse romande.

11 commentaires

  1. Bonjour caty,

    Très intéressant cet article !
    J’aurai peu écrire le même en l’intitulant « la photographie posée ou de portrait, c’est pas pour moi ».
    En fait je me rends compte qu’effectivement derrière ça il y a du vécu, de l’expérience et du caractère.
    Personnellement j’aime la photo de rue justement car je la trouve humaine à contrario de la photo posée ou de portrait.
    Prendre des gens effectivement inconnus dans des situations ou des endroits où personne ne regarde pour moi c’est aussi faire preuve d’humanité.
    C’est aussi poser le regard sur le quotidien et le montrer. Dans nos vies rapides on ne prend plus ce temps et le photographe peut justement mettre en avant ces scènes et ces gens que nous ne voyons plus. C’est aussi dépendre du hasard des situations et ne pas préparer ni mettre en scéne, ni particulièrement prévoir, juste se laisser aller au gré du vent…
    Echanger aussi un sourire et parfois des mots avec ces gens c’est aussi nouer une relation. Tu peux très bien après ton cliché aller montrer ta photo ou échanger un sourire ou quelques mots.
    Encore une fois pour moi je sens beaucoup plus d’humanité dans des photos de rue (pas toutes bien sur ! lol) que dans beaucoup de photos portrait préparées, aseptisés et répondant à des codes et techniques photos bien précises.
    Tout ceci dépend de nos gouts et aspirations c’est bien évident ! 🙂
    En tout cas je ne ferai pas (pour l’instant)de photo posée ou de portrait ! 😉
    Bravo pour ton article.
    Vincent

  2. Re-bonjour Cathy ! 🙂 Et bien en ce qui me concerne, j’ai un peu de mal avec la photographie de rue, mais ça, je crois qu’on le savait déjà. En fait, je suis une lâche, je commence à m’y mettre, mais je ne photographie les gens que de dos, ou alors de très loin, pour pas me faire choper ou pour pas qu’on les reconnaisse. Car il y a quelques années, j’ai vécu une anecdote qui m’a beaucoup remué. Effectivement, j’avais pris en photo une maison décorée par un artiste. Le petit-fils de l’artiste m’avaitalors contacté pour me remercier du joli article que j’avais fait sur son grand-père, car il m’a raconté qu’à l’époque, tout le monde se fichait de lui. Mais ce petit-fils l’a raconté à sa grand-mère, mais celle-ci l’a mal pris, car cela faisait tant d’années qu’elle essuyait les moqueries à propos de son mari et de ses oeuvres, qu’elle n’a pas supporté que je fasse cet article, pourtant élogieux. Elle m’a appelé et m’a engueulé comme jamais ! J’étais gênée, j’ai tenté de lui expliqué que mon article ne disait que du bien, elle n’a rien voulu savoir et j’ai donc préféré effacer l’article, non sans une certaine humiliation de m’être fait traiter ainsi alors que je ne pensais que du bien de ces œuvres…
    Bref, du coup, je n’ose plus photographier les bâtiments et encore moins les gens, car si quelqu’un se reconnaissait sur une photo, j’aurais peur qu’il le prenne mal et de devoir gérer une seconde fois une engueulade qui m’a quand même pas mal secoué, mais faut dire qu’à l’époque, j’étais sensible… Ca m’a tout de même marqué.
    Pa contre, je commence à prendre plaisir à prendre des portraits de proches, j’ai récemment fait un tryptique sur la grand-mère de mon conjoint, et ça m’a donné envie de faire d’autres portraits,mais seulement avec des gens que je connais….

  3. Avec mon homme, on photographie souvent en duo. On a tous les deux l’appareil en éveil, mais on ne regarde pas la même chose, ou on ne photographie pas du tout la même chose.
    Je suis une adepte du tout petit détail, des mains, des pieds, des oreilles de Bouddha ou au contraire à faire des scènes de rue, et lui est plutôt du genre à prendre les gens, les monuments, les perspectives.
    Cela nous a permis d’échanger pas mal sur le matos qu’il nous fallait d’abord, et puis sur le regard que nous portons sur les choses et les gens.
    Je suis comme toi et je ne mets que rarement des gens en photo sur mon blog car je ne leur ai pas demandé leur avis. Cela ne veut pas dire que je n’ai pas fait les photos, mais je ne leur ai pas demandé leur avis. Je crois aussi que par goût personnel, je préfère les vues géométriques et minérales, les rues vides avec juste des signes de vie. Dans un marché, je fais 75% de photos de fruits et légumes, 20% de mains en train de servir ou de portraits que je montre aux gens et 5% de photos « volées ».
    Sur le blog de mon homme, par contre, il y a des hommes et des femmes pris en photo en Inde, au Laos… et lui fait de belles photos de rue.

  4. Bonjour Cathy,
    Je comprends ton sentiment et tes appréhensions par rapport à la photo de rue. C’est vrai qu’il n’est pas toujours facile de photographier des inconnus dans la rue. C’est vrai aussi qu’on peut toujours aller voir la personne une fois la photo prise et même pourquoi pas lui proposer de la lui envoyer. Cela devrait atténuer quelque peu ce sentiment de photo « volée »,… Un photographe, dont j’ai oublié le nom, a dit un jour que si la photo prise n’était pas réussie, ce que tu n’étais pas assez près. Par près, il ne voulait pas parler uniquement de distance entre toi et le sujet mais aussi de proximité, celle dont tu parles dans le cadre de la photo de portrait. Mieux tu connais ton sujet, plus tu crées des liens et meilleures seront les photos. C’est un atout indéniable en photo de portrait avec des modèles mais je rejoins Vincent sur le fait que parfois cela en devient posé et non naturel contrairement justement à la photo de rue qui offre cette spontanéité qu’on recherche souvent. Cet instant qui semble « volé » ne l’est pas vraiment, c’est montré des personnes qui nous entourent dans des instants de vie qui nous échappent parfois car nous somme tous fort occupés pour les voir. C’est montré l’humain inattendu ! Mais c’est sûr que chacun a son style et ses préférences. Thomas Leuthard est excellent dans le genre, il ne fait plus que ça d’ailleurs !!!
    Personnellement, c’est un style que je n’ai pas encore exploré mais j’aimerais pouvoir le faire ou en tout cas le tester. Quand on voit les photos de McCullin de la vidéo que tu as postée, c’est juste magnifique (je pense notamment à cette photo avec les deux vieilles dames qui tiennent ensemble un sac de commissions, c’est juste sublime !)
    http://www.flickr.com/photos/yvessouris/

  5. Yves, c’est Robert Capa qui a dit cette phrase est elle très juste. Je rajoute que la proximité est importante pour ne pas que l’image soit polluée par autre chose que ce que tu veux montrer.
    Je ne sais pas s’il faut forcément ‘connaitre’ ton sujet, je pense qu’il faut avoir le coeur ouvert et trouver le sujet ‘beau’ à partir de là tu te lâches. Donc à partir de là : proximité et le coeur ouvert est une bonne base de départ 😀
    La photo de rue est pour moi un but à atteindre, ces petits instants volés ou non me bouleverse et effectivement Thomas LEUTHARD est un maitre en la matière.
    Je vous invite a regarder ceci https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=5K_lAfpZXeQ
    C’est une sélection de ses meilleures images 2012.
    Et puis les images avec les sujets posés est une autre affaire qui ne m’attire pas tant que ça en tant que photographe. Par contre j’aime apprécier ce genre de travail.
    Merci Cathy pour ton article 🙂

  6. Interessant, car mon avis est… totalement opposé. J’adore au contraire ce moment furtif, volé, dont font partie beaucoup des photos les plus inconiques de l’histoire. Evidemment je ne me compare pas à ce niveau, mais ce que j’aime dans la photographie c’est justement quand on oublie le photographe, c’est à dire quand le sujet ne semble pas influencé par le regard qui se pose sur lui ou que la lumière n’est pas artificiellement corrigée par un flash et 3 reflecteurs. Bref la rue m’apporte justement ce naturel et cette surprise qui fait que je ne sais jamais à quoi m’attendre quand je découvre ce que j’ai photographié après coup sur mon ordinateur. C’est peut-être incompatible avec le perfectionnement de sa technique, mais j’aime cette spontanéité qui m’a souvent apporté mes plus belles photos.

  7. Photographie de rue j’ai pas vraiment tester
    j’ai un peu peur si je met des personnes sur le net qu’ils se reconnaissent et que après on m’engueule
    alors si j’ai des photos avec des personnes soients ils n’en sont pas le sujet principal et sont dans le flou d’arrière plan, ou alors ils sont de dos , de coté, fin d’une manière qu’on les reconnaisse pas trop.

    Après le portrait posé je sais pas j’en ai encore jamais fait, j’ai pas le matériel pour ça.
    Mais j’aimerai bien essayer un de ces jours, en commençant par des personnes de mon entourages ce qui serai plus facile je pense.

  8. La photo de rue et la photo posée sont deux disciplines opposées, mais la recherche reste la même, c’est faire naitre un sentiment. Pour la photo posée, on fait ressortir les traits de caractère du sujet afin de raconter son histoire, alors que pour la photo de rue, c’est notre sentiment de photographe qui est enregistré sur le capteur, la situation qui se passe devant nos yeux nous interpelle, et nous ramène à notre culture visuelle personnelle.
    La photo posée demande une bonne capacité d’analyse, et de psychologie, afin de mettre le sujet en confiance pour qu’il se livre sans retenus à ton objectif. Pour les photos de rue, ce sont des perles que la vie t’envoie, ça n’arrive pas tout les jours d’ailleurs !!!!! et il faut des années pour faire un jolie collier 🙂

  9. C’est à double-vue en fait.
    Toi tu penses qu’il faut faire sortir de l’anonymat le sujet de la photographie par le fait de le côtoyer ou d’en apprendre plus sur lui. Que c’est ton intérêt pour la personne qui va faire que ton sujet sera plus humain sur tes photos. Je ne suis pas convaincue, tout simplement parce que si les gens que tu photographient te « parlent », que tu as établi un lien avec eux, la spontanéité peut aussi disparaître et que pour nous, lecteurs de tes photos, ils restent des anonymes, aussi réussie que pourra l’être ta photo. Ils sont établis en sujets connus et peut-être aussi moins étonnants, moins risqués; c’est travailler en terrain conquis, même si cela se fait peu à peu, c’est quelque part plus individualisé, plus policé, conventionnel, doux et tellement moins choquant, parfois plus chaleureux aussi faut le reconnaître? Ça nous en dit plus sur toi, peut-être sur tes craintes, sur tes préférences, sur tes à priori.

    Avec la photo de rue, l’inconnu est à tous les niveaux mais d’un autre côté, ce qui ressort, en tout cas pour ceux qui parviennent à le capter, c’est justement l’humanité telle qu’elle est: ou masquée ou toute nue mais dans sa vérité la plus déstabilisante. Elle est plus universelle. Elle est tantôt laide tantôt lumineuse. Elle est ancrée dans un quotidien, ou exceptionnelle quand il y a un événement historique qui se déroule (on est proche du photo journalisme). Elle peut avoir un aspect intemporel. C’est donc relativement injuste de la traiter de déshumanisée car ce n’est au final qu’un changement d’angle; tes sujets « posés » sont une vision prise à part, mise dans une bulle d’un petit bout d’humanité. Je pense que c’est la façon qu’on a d’aborder la photo de rue, l’histoire qu’elle va raconter qui prime. L’histoire pourra être fantasmée, elle pourra être aussi limpide. Elle pourra être indécente, choquante (photos de personnes miséreuses, handicapées…) et paradoxalement belle. Elle pourra sortir de son anonymat si elle parvient à toucher le lecteur, si elle évoque quelque chose ou quelqu’un pour lui.

    Au final un anonyme a-t-il moins à raconter que quelqu’un qu’on connaît un tout petit peu? Est-ce qu’on a vraiment besoin de connaître les gens pour les prendre en photo? (je ne parle pas d’autorisation, c’est un autre sujet) Ou même pour les aimer? Et au final connaît-on vraiment les gens parce qu’on sait telle petite chose d’eux? Sujet donc beaucoup plus vaste qu’il ne le laisse entendre. Vous avez 4h pour rendre vos copies lol

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