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Triangle d’exposition : les expositions équivalentes


Depuis la semaine dernière, vous avez pu remarquer que les trois paramètres du triangle d’exposition sont intimement liés. On image leur relation avec la lumière grâce au triangle d’exposition que vous avez découvert plus en détail.

Triangle exposition

Dit comme ça, c’est sympa, mais en pratique, ce triangle d’exposition peut rester très abstrait ! Et bien oui, en mode priorité à l’ouverture ou à la vitesse, l’appareil photo vous aide encore à gérer la totalité du triangle d’exposition. Mais en mode manuel, ce n’est pas la même histoire…

Un exemple : disons que j’ai trouvé la bonne exposition en mode manuel. Je fais un portrait, alors je veux augmenter l’ouverture. Il faudra donc que je modifie un autre paramètre (ISO ou temps d’exposition) pour garder la même exposition globale.

Comment je m’y prends ? De combien d’unités je dois changer l’ISO pour avoir une exposition équivalente ? A première vue, je vais devoir tatonner et faire plusieurs essais avant de trouver le bon réglage…

Et bien non ! Gros ouf de soulagement :P. Il y a une astuce, ou plutôt une logique derrière le triangle d’exposition qui va nous permettre de vite retrouver des expositions équivalentes (c’est mathématique en fait…). Le seul hic, c’est qu’il va falloir apprendre tout ça un peu par coeur, ou vraiment l’utiliser souvent pour encore une fois, intégrer cette technique.

Pour l’instant, vous pouvez découvrir cette histoire d’expositions équivalentes sans trop vous en préoccuper. C’est vraiment quand vous voudrez vous lancer dans le vide et passer en mode manuel (on en reparlera plus tard sur Vivre la Photographie bien sûr ;)) pour le triangle d’exposition que vous aurez vraiment besoin de connaître ces expositions équivalentes. C’est aussi une notion très importante lorsque l’on veut passer à la photographie avec des flashs. Il faut être capable de facilement modifier les réglages sans modifier l’exposition.

Voyons en images ce qu’il faudrait connaître pour utiliser les expositions équivalentes !

Suite des ouvertures du diaphragme

Ouverture f/1.4 f/2 f/2.8 f/4 f/5.6 f/8 f/11 f/16 f/22 f/32
← surexposition sous-exposition →

Disons que l’ouverture de ma prise de vue est f/5.6. Si je veux changer l’ouverture du diaphragme à f/4, 2 fois plus de lumière entrera dans l’appareil photo. Inversement, si je passe de f/5.6 à f/8, c’est la moitié de la lumière qui entrera alors dans l’appareil photo.

Suite des temps d’exposition

 

Tps d’expo 2 1 1/2 1/4 1/8 1/15 1/30 1/60 1/125 1/250 1/500 1/1000
 en s ← surexposition sous-exposition →

La suite des temps d’exposition est plus parlante que pour l’ouverture du diaphragme. On voit bien que si on divise par 2 le temps d’exposition (passage d’un temps d’exposition de 1/2 s à 1/4 s),  la lumière entrante sera aussi divisée par 2.

 

Suite des ISO

ISO 100 200 400 800 1600 3200 6400
← sous-exposition surexposition →

Et pour la suite des ISO, c’est le même système. Si on divise par 2 l’ISO (passage de ISO 400 à ISO 200), on va diviser par 2 la sensibilité du capteur et donc diminuer l’exposition de la photographie.

Unité de l’exposition : l’indice de luminosité (IL) ou stop

L’indice de luminosité ou stop en anglais est l’unité de mesure de l’exposition. Quand on laisse entrer 2 fois plus de lumière dans l’appareil photo, on dit qu’on augmente l’exposition d’un indice de luminosité (IL). Inversement, on diminue d’un IL quand on divise par 2 la quantité de lumière entrante. Ainsi, chaque déplacement d’un cran dans les suites des 3 paramètres du triangle d’exposition équivaut à un changement d’un IL.

Indice de luminosité et expositions équivalentes : exemple

Si on revient à mon exemple de départ : je suis en f/5.6, 1/125 s et ISO 200.

Premier cas : modification de l’ouverture

J’augmente l’ouverture d’un IL, je passe donc en f/4. Pour garder une exposition équivalente à ma photo de départ, il me faut donc diminuer d’un IL l’ISO ou le temps d’exposition :

  • soit temps d’exposition passé à 1/250 s sans toucher l’ISO.
  • soit ISO 100 sans toucher au temps d’exposition.

Deuxième cas : modification du temps d’exposition

Je veux avoir un temps d’exposition court, disons 1/500 s. Si on regarde la suite des temps d’exposition, je suis passée de 1/125 s à 1/250 s puis 1/500 s. J’ai donc diminué l’exposition de 2 IL. Il me faut donc augmenter l’ISO et/ou l’ouverture de 2 IL pour récupérer mon exposition de départ :

  • soit l’ouverture passe à f/2.8 avec une augmentation de 2 IL (f/4 puis f/2.8 dans la suite des ouvertures) sans toucher à l’ISO.
  • soit l’ISO est augmenté de 2 IL pour passer à ISO 800 (passage à ISO 400 puis ISO 800) sans toucher à l’ouverture.
  • soit on récupère 1 IL sur chaque paramètre : passage de l’ouverture à f/4 (on augmente l’exposition d’un IL) et augmentation de l’ISO à ISO 400 pour augmenter d’un autre IL.

C’est donc en utilisant ces suites qu’on va rapidement retrouver nos expositions équivalentes en modifiant nos réglages du triangle d’exposition.

Mais sur mon appareil photo, j’ai des chiffres différents en plus : f/2.5, f/3.2 ?!

 Très bonne réflexion (j’aime m’autocongratuler des fois ;)) ! Ce sont en fait des chiffres supplémentaires pour pouvoir affiner les réglages du triangle d’exposition. Chaque cran de molette équivaut alors dans ce cas à une fraction d’indice de luminosité, le plus souvent des tiers d’IL. Les chiffres des suites de cet article sont seulement pour faire des changements d’IL entiers, donc 1 IL, 2 IL,… Si vous passez par exemple de f/3.2 à f/2.8, vous faites un changement de 1/3 IL et non pas 1 IL ;).

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L’essentiel sur les expositions équivalentes

[list style= »checkmark »] [item]On parle des changements de l’exposition grâce à l’indice de luminosité (IL) ou stop en anglais.[/item] [item]Chaque paramètre du triangle d’exposition possède sa suite de chiffres, valeurs équivalentes au changement d’un IL en exposition.[/item] [item]Si on diminue l’exposition d’un IL, seulement la moitié de la lumière entrera dans l’appareil photo. Si on l’augmente d’un IL, deux fois plus de lumière tapera le capteur de l’appareil photo.[/item] [item]Les appareils photo actuels permettent des réglages plus fins grâce à des changement en 1/3 IL ou 1/2 IL selon l’appareil photo.[/item] [item]Connaître comment avoir des expositions équivalentes est primordial pour passer en mode manuel mais ne l’est pas pour les modes semi-automatiques (mais mieux vaut connaître le concept au moins ;)).[/item] [/list]

A propos de Cathy

Sur Vivre la Photographie, j'aide les photographes amateurs à apprendre la photo en améliorant leur technique photo et leur retouche photo avec Lightroom et Photoshop. Je suis photographe nouveau-né en Suisse romande.

19 commentaires

  1. Très pertinente ta dernière remarque ! Avant d’avoir regardé mon appareil, je me disais juste que finalement c’était facile, quand tu augmentes un paramètre, tu en diminues un autre. Pas de bol, j’ai bien des valeurs intermédiaires mais heureusement, les valeurs d’ouverture qui servent de référence sont marquées d’un gros trait. Par contre, j’allais te demander quelle était la différence avec la compensation d’exposition mais je viens de m’apercevoir que ce n’était disponible qu’en mode semi-automatique… Lol !

    • La compensation d’exposition, c’est une manière détournée pour régler toi-même l’exposition. Donc oui, c’est la même chose (en gros parce que ton exposition changera quand même à chaque photo en semi-automatique, contrairement au mode manuel… mais c’est une autre histoire ;)).
      Et les traits que tu vois sont les crans des IL. Les gros traits comptent pour 1 IL et les petits traits, c’est souvent 1/3 IL (suffit de compter combien il y a de petits traits entre les grands traits).

  2. Encore une fois, merci pour cet article Cathy !
    (C’est marrant j’ai eu sensiblement le même cours en photographie ya deux semaines :p)

  3. Très clair, merci !
    Il ne me reste plus qu’à réussir à identifier rapidement quelle est la « bonne » exposition en mode manuel selon les circonstances…

  4. Merci beaucoup pour cet article ! Ça précise un peu les choses quand on commence (comme moi) à bien connaître les paramètres. Reste à faire la mise en pratique… on va devenir super doués 😉

  5. ou là, ça se complique!!! Merci Cathy!

  6. Merci, c’est le paramètre qu’il me faut travailler à présent ! Je commence en mode M à être assez à l’aise avec le couple ouverture / vitesse et c’est encore plus concret depuis que je m’amuse en macro !
    Il faut que j’arrive à lâcher l’ISO auto ….

  7. sympa cet article un peu plus difficile pour les neurones je le relirais.
    Je passe pas mal en mode M depuis novembre et je tâtonne mais ça me plais.
    En général je gère la vitesse et l’ouverture et je laisse les iso en auto, mais si cela ne me conviens pas et bien je gère les iso manuellement.
    G retenue un truc pour les iso entre 100 et 200 = soleil/contre jour/extérieur. 400 iso = ville/ nuages/ hiver
    800 a 1200 = intérieur.
    Au dessus de 3200 le bruit est bpc présent.
    du coup moi g bloquer mon relfex a 3200 iso max^^
    c’est juste mon pense bête a moi ce que je viens de dire. Comme je lis pas mal et que je regarde internet et bien je note sur un cahier pleins de choses pour me souvenir et les consulter rapidement.

    • C’est bien d’avoir déjà ces idées d’ISO et ce sont bien les pages habituelles. Aller au-dessus de ISO 3200 est rare mais des fois nécessaire, si par exemple tu te retrouves à devoir figer le mouvement de ton sujet en pleine nuit…

  8. Ou comment ce qui était compliqué devient tout à coup assez clair …. mais il faudra revenir souvent le lire !!
    Merci Cathy.
    Mel

  9. Coucou

    Et bien j’ai une question (encore)

    J’ai remarqué qu’avec mon logiciel de gestion de photo quand je corrigeais l’exposition d’un cliché, je le trouvais mieux.

    J’ai donc essayé de corriger à la source la chose, en surexposant d’un cran (+0,3av). Cela correspond-il aussi à un genre d’IL ?

    Que se passe-t-il dans mon appareil photo ??
    Et effectivement la photo est plus clair quand mode 0av

    • Ce que j’appelle IL est le EV dont tu parles. Donc un cran est en fait un tiers d’IL, c’est pour avoir un réglage plus fin que les indices entiers.

  10. Hello, je suis un petit nouveau sur le blog et je vous salue tous et surtout toutes vu le grand nombre de commentaires féminins.

    Mon premier commentaire sera une rectification. En effet, une petite erreur s’est glissée dans la suite des temps d’exposition. Il y a un zéro de trop au temps de pose 1/125 (entre 1/60s et 1/250s). Beaucoup auront probablement rectifié par eux-mêmes mais pour quelqu’un qui débute vraiment, cela peut prêter à confusion.

    A part ça, longue vie à ce blog et à la prochaine. 😉

  11. Merci pour cet article, tu m’as appris beaucoup de nouvelles choses en tant que débutante dans la photo :):):)

  12. en fait pour les suites d’iso et des temps d’exposition c’est simple pcq on a juste à multiplier ou diviser par 2 mais pour l’ouverture c’est plus compliqué pcq il faut un peu l’apprendre par coeur :-/

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